Filles de la croix

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Korhogo : Confinement...
Jun 18, 2020

Toutes nos activités étaient bien lancées comme partout ailleurs quand la nouvelle de cette épidémie est arrivée jusqu’à nous par les médias. Comment ne pas s’interroger, s’inquiéter quand nos pays d’origine, nos sœurs, nos familles, nos connaissances sont atteintes par ce drôle de virus qui fait remonter le souvenir d’autres virus qui avaient fait tant de victimes en leur temps.

Les premières mesures de l’Etat Ivoirien à la mi-mars ont ramené dans la réalité de notre Région du Poro, au nord de la Côte d’Ivoire, dans notre réalité, l’actualité avec la fermeture des écoles et le renvoi de tous les élèves en confinement à la maison pour éviter la propagation de l’épidémie.

Dans notre communauté Sainte Elisabeth, une question est posée : que faire avec nos structures ? Le Centre Jubilé, accueil de malades mentaux, doit continuer sa mission, le soulagement des malades et de leur famille ne peut pas attendre une hypothétique date de fin de confinement. Pour le Centre des Handicapés Don Orione, il est sûr que les enfants pris en charge en rééducation fonctionnelle et en éducation spécialisée resteront à la maison ou seront pris en charge au CHR de Korhogo car il y aurait un risque trop grand de contamination. Les seuls services qui resteront ouverts avec l’accord des deux personnes qui y travaillent sont l’atelier orthopédique pour l’entretien des divers appareils et des chaussures et l’accueil social qui ne désemplit pas. Des autorités locales ou des personnalités ayant le souci de la survie des personnes, malades ou non, venant jusqu’à nous ont donné des denrées alimentaires de base pour que nous puissions distribuer aux familles dans le besoin. Une grande partie de la population étant dans le travail informel, c’est-à-dire mangeant ce qu’elle a gagné dans la journée ont perdu leur moyen de subsistance avec les mesures prises par le gouvernement et les gens n’ont plus rien à manger et plus rien à donner à leurs enfants !

Alors, en communauté, nous avons opté pour une souplesse dans le confinement et pour une prudence et la mise en place de moyen de protection : lavage des mains et masques lavables en coton double épaisseurs fabriqués par un couturier. Le confinement partiel nous a permis de suivre les travaux de la maison, de travailler à l’ordinateur, et de prendre plus de temps de prière personnelle et aussi communautaire. En effet, cela fait un mois et demi qu’il n’est plus possible de penser les célébrations eucharistiques en paroisse et nous avons été appelées comme toutes nos sœurs à intensifier notre prière pour que le monde sorte de la pandémie et prier avec les malades et leurs familles, avec nos sœurs qui traversent cette Croix et les soignants et les chercheurs qui luttent.

Heureusement, une fois ou deux par semaine, nous avons la chance de vivre la messe dans notre petite chapelle célébrée par un prêtre de la paroisse envoyé par notre curé. Quelques paroissiens se joignent à nous parfois… En ce jour de Résurrection 2020, une femme, rencontrée par notre célébrant du jour priant Marie à la Grotte, est venue vivre l’eucharistie avec notre communauté. A la fin de la célébration, Marie-Lucie s’est levée, en s’excusant pour dire merci tant sa joie était grande. Pour cette chrétienne, anciennement musulmane, cette messe était une bénédiction. Elle ne savait pas qu’elle aurait cette chance et le seul petit billet de 5 000 FCFA destiné à acheter en ce jour de Pâques de quoi partager avec ses proches musulmans, elle l’avait donné comme offrande. Elle était dans l’action de grâce : ce moment était une bénédiction dans toutes les difficultés qu’elle avait à vivre en ces jours !

A notre communauté, ce témoignage reste comme une perle à l’heure où nous voyons monter doucement l’épidémie dans notre pays… Même si l’avenir est incertain, nos projets et programmes chamboulés, avec cette parole, reste comme une espérance : le Seigneur est ressuscité ! Il passe dans notre quotidien !

Sœurs Janine, Giovanna, Denise et Emmanuelle

 

 

Une famille de triplés
Jun 8, 2020

Le 26 avril dernier, sont arrivées dans le bureau d’accueil social du Centre, deux femmes qui, envoyées par le service social du CHR de Korhogo, venaient chercher de l’aide. En effet, leur sœur venait de décéder une semaine après son accouchement où elle avait donné la vie à 3 petits enfants, des triplés nés prématurément. Wandja, Finin et Lazeni, deux filles et un garçon, avaient vu le jour comme des fleurs, toutes fragiles, qui commencent à s’ouvrir…

L’une des filles avait même une jambe cassée à la naissance au dessus du genou. « C’était un accident », a dit la sage-femme qui a participé à l’accouchement. Heureusement, leur tante s’était engagée à devenir leur nouvelle maman pour qu’ils puissent grandir… Mais les enfants, trop petits (autour d’un kilo) étaient restés à l’hôpital au service de néonatalogie pour, nous l’espérions, prendre un peu de poids.

Alors, avec Alphonse, notre coordinateur extérieur, nous avons mis en place ce soutien aux enfants et à la famille : prise de contact avec l’hôpital, achat des biberons, du lait, des couches, des médicaments, des vaccins et… du nécessaire de protection contre le Covid19 pour les soignants travaillant auprès de nos trois petits. L’urgence était qu’ils survivent et soient vie de leur maman pour ceux qui les entourent.

Alors nous sommes allés à l’hôpital, faire connaissance avec les enfants, voir comment et quand, la petite Finin pourrait être soignée de sa jambe cassée et nous assurer que ces trois enfants seraient bien soignés. Après avoir commencé par maigrir, à force de soins, les petits ont repris un peu de poids même si Lazeni, le garçon, restait à un seuil critique. La jambe de Finin a fini par être immobilisée : au moins, elle souffrait moins, même si nous ne savons pas bien quelle position son fémur a pris !

Et au bout d’un mois, les petits triplés sont sortis de l’hôpital. Ils avaient pris 400 grammes et donnaient de bons signes. Alors la maman est venue au Centre, accompagnée de deux autres femmes pour nous montrer les enfants et avoir de quoi les nourrir et prendre soin d’eux. Ils étaient petits mais tellement beaux, ouvrant peu à peu leurs yeux au monde…

La maman est venue une seconde fois la semaine dernière en rentrant d’un contrôle à l’hôpital. Elle venait de recevoir des « kangourous » offert par l’Unicef pour porter les bébés en toute sécurité et nous a proposé de les essayer. Une amie italienne voyant  la photo, a écrit : « vous êtes des couveuses humaines !»

Mais la vie est fragile… Comme une fleur qui essaye de s’épanouir, un grand coup de vent et elle tombe et se fane. A la veille de Pentecôte, Lazeni, avec une poussée de fièvre, est passé sur l’autre rive et a rejoint sa maman… C’est un ange de plus dans le ciel !

Mais l’histoire n’est pas finie. Wandja et Finin sont là qui doivent grandir ! Leur maman compte sur nous pour faire face. C’est grâce aux dons des bienfaiteurs que nous pourrons les soutenir.

Car ces fleurs ont rejoint le bouquet de nombreuses fleurs déjà dans notre jardin. Wandja et Finin ont rejoint Alassane, Fousséni, Nonlourou, Eléakim, Korotoum, Espérance et tant d’autres…

La vie appelle ! Ces deux fleurs s’épanouiront, nous l’espérons !

Et à nous, La charité nous presse !

  

Soeur Giovanna et Soeur Emmanuelle

La Pastorale des Jeunes et Vocations
Apr 2, 2020

Dans le cadre de la pastorale des jeunes et vocations, notre diocèse de Katiola en Côte D’Ivoire organise chacun année des rencontres de jeunes pendant le temps fort de l’Église. Pour cela, notre paroisse a invité les jeunes à vivre un pelé-jeunes en ce temps de carême pour témoigner leur choix pour le Christ. Là, les jeunes sont venues des quatre coins de la paroisse pour se rencontrer dans un village (Sourkoudougou) situé à quatre kilomètres de la paroisse. Pour bien vivre ce temps de pèlerinage nous avons réparti les jeunes en plusieurs groupes de trente personnes, pour permettre une bonne participation à la réflexion des sous-thèmes ainsi que le chemin de croix proposé par l’équipe d’organisation. Pendant la marche, il y a eu le chemin de croix et des moments de pause pour que chaque groupe prenne un moment de réflexion pour répondre aux questionnaires tirés dans le message du Pape pour le carême. Les jeunes ont été accompagnés par l’aumônier des jeunes, le Père Armand Touré, la Conseillère, Sœur Clémentine Tapsoba avec sœur Adèle Rouamba. Nous avons eu des volontaires (professeurs du lycée) qui se sont proposés pour nous accompagner.

À notre arrivée au lieu d’accueil, la communauté chrétienne et les catéchistes titulaires nous attendaient avec joie. Ils étaient aussi, nombreux pour participer à la célébration Eucharistique avec nous. Nous étions environ 350 jeunes et adultes et en plus, quelques enfants. Après un temps de repos, nous avons eu un enseignement sur le thème : JEUNE MISSIONNAIRE AVEC LE CHRIST, donné par Sœur Clémentine. Ensuite, nous avons eu la célébration Eucharistique et la mise en commun des réflexions à la place de l’homélie guidée par le Père Armand. 

Après cette belle célébration Eucharistique, suivi de partage de repas apporté par chaque pèlerin, il y a eu une animation de la chorale des jeunes par des chants de louange avant le retour. Nous avons repris le chemin de retour avec une bénédiction de Dieu lui-même (une bonne pluie !) qui nous a renouvelée les forces. A l’arrivée à la paroisse, le curé, l’Abbé Alexis et Sœur Marie nous attendaient pour nous bénir et envoyer en mission dans nos lieux de vie et dans le monde.

Ce temps de pèlerinage a été un moment de partage, d’échange et de prière entre les jeunes de la paroisse. Chacun a vécu intérieurement une joie de pouvoir faire un chemin de foi avec le Christ et avec les autres.

 

 

Corona en Côte d'Ivoire
Mar 31, 2020

Tranquillement le soir du mardi 17 mars 2020, les sœurs de la communauté d’Abidjan passent un moment de rencontre avec les sœurs venues de Khorogo : Emmanuelle et Janine. Dans la fraternité, les projets de chacune pour les jours à venir sont partagés : les démarches administratives pour les structures de santé : le Centre Jubilé de Korhogo, la reprise de l’école : le CELAF-Centre Lasalien Africain, le rythme quotidien de la mission : présence communautaire, permanence à l’Évêché pour le secrétariat, … Bref toute une liste d’activités à vivre. Mais tout d’un coup après avoir lu ses « sms » [1], Emmanuelle crie : « Tiens ! Le Gouvernement ivoirien adresse un communiqué à la population : c’est la fermeture de tous les établissements scolaires dans le cadre de la prévention de la propagation du Coronavirus ». Et voilà qu’un simple « texto » chamboule toute la liste de nos « On va faire ceci, on va faire cela » ! Toutes les démarches étaient bloquées. Heureusement Emmanuelle et Janine ont trouvé la possibilité de transport pour rejoindre leur communauté.

Nous avons eu la grâce de vivre l’Eucharistie jusqu'au 19 mars, jour où les directives des autorités ecclésiales en lien avec les mesures étatiques, annoncent la suspension de toutes les activités pastorales du Diocèse. Désormais, donc, sont suspendus tous les rassemblements de plus 50 personnes : les rassemblements de Prière, les Célébrations Eucharistiques en présence des fidèles, les séances de catéchèse et le Chemin de Croix. Dans le même sens, les pèlerinages diocésains des jeunes et des adultes pour la période de Carême prévus pour le dimanche 22 mars, ont dû être annulé. Seulement les enfants de la Paroisse Notre Dame de l’Espérance (environ 3000) ont eu la chance d’y participé le samedi 14 mars. Le samedi 21, nous avons risqué de poser une doléance au Curé, à savoir si c’était possible d’avoir la Célébration de l’Eucharistie dans notre Chapelle pour le dimanche. Cela a été accordé et le Vicaire est venu célébrer la Messe à la Communauté. Une religieuse de la Congrégation de Notre Dame d'Évron est venue se joindre à nous.

Très vite après ces mouvements, la situation sanitaire à l’intérieur du pays a évolué : de 3 cas avérés en mi-mars on a atteint plus de 80 à ce jour. Heureusement aucun décès n’a été jusque-là déclaré et par contre 3 cas guéris ont été annoncés. Pour autant le Gouvernement ne baisse pas la garde. Au contraire, il a durci les mesures pour lutter contre la propagation du Covid-19 :

  •  Instauration de l’état d’urgence : Couvre-feu : 21 heures à 5 heures du matin,
  • Fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes des pays,
  • Fermeture des établissements scolaires,
  • Fermeture des maquis (genre de gargotes) et des restaurants,
  • Journée continue pour les travailleurs qui assurent la permanence afin de prévoir une sortie de bureau à une heure raisonnable
  • Et tout récemment, le jeudi 26 mars, on apprend que les déplacements à l’intérieur du pays seront interdits.

 Pour prendre en compte la situation économique de la population, celle qui se trouve obligée de travailler, l’Etat a décidé le maintien la circulation des transports communs comme les taxis compteurs, les gbaka (mini-bus utilisés pour transporter plusieurs dizaines de personnes), les woro-woro (covoiturage). Ces moyens de transports sont donc autorisés à circuler à condition de réduire le nombre de passagers afin de respecter une certaine distance. Le mieux ce de ne pas en avoir besoin !!!

 Quant au lavage des mains, il est fortement recommandé. Dans tout ces bouleversements il semble qu’une chose importante commence à nous manquer : le sourire « made in ivoirien » camouflé par le cache-nez dont le port est aussi vivement recommandé !

Mais au milieu de ces évènements déstabilisants, nous sentons l’invitation à honorer l’humble sol du quotidien[2]. Oui, ces réalités de l’ordinaire nous sont révélées et l’Évangile est très parlant en ces jours secoués quand il invite à vivre la petitesse comme lieu de vie : « Serviteur bon et fidèle, … en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton Seigneur », Matthieu 25, 21.

 Les petites choses à vivre en terre ivoirienne en ces jours particuliers ?

  •  Des coups de téléphone entre sœurs sans sujet spécial à part la question : « Comment allez-vous mes sœurs ? », 
  • L’arrangement de la route devant la maison pour que ce soit plus accessible : ensemble en communauté prendre les outils qu’il faut : pêches et seaux pour ramasser les cailloux, le gravier, la terre pour combler les trous, 
  • Prier avec les visages des sœurs Filles de la Croix de partout dans le monde, les visages de nos pays de mission, 
  • Egrainer le Chapelet en portant la Maison Mère, La Puye en Prière, les malades, nos sœurs et tout le personnel soignant de partout, 
  • Vivre l’Eucharistie autrement en faisant mémoire de Sainte Jeanne Elisabeth. Privée de Célébration Eucharistique, durant les temps éprouvant après la Révolution française, elle a vécu sa vie comme Eucharistie : « Au lendemain de la Révolution, dans le village de Béthines, Elisabeth réunit chez elle des fermiers, des voisins, des amis, puis des gens du village pour prier »[3]
  • Se dire en communauté les heures de la diffusion de la Messe télévisée et rendez-vous de différentes Prières avec le Pape, 
  • Ecouter ensemble le partage des lectures du Jour avec la Paroisse par le biais du réseau « WhatsApp » à travers lequel les Pères diffusent la Parole et l’Homélie du jour.

Il nous faut accepter de voir la vie autrement à travers l’épreuve de la maladie due au Corona-virus.

Il nous faut retrouver dans le « confinement » la nouveauté et l’actualité de l’Évangile. En suivant l’exemple du fils prodigue, la Bonne nouvelle nous invite à « rentrer en nous-mêmes », Luc 15, 17 afin de revenir à l’essentiel, de redonner à notre consécration le sérieux de l’engagement baptismal.

Oui, nous accueillons avec reconnaissance les paroles de Sœur Susana : « Nous sommes devant une opportunité privilégiée…pour revenir à l’essentiel de l’humain et de l’humanité…pour trouver de nouveaux repères et de nouveaux chemins de bonheur…et de demander la grâce et la sagesse pour un nouveau départ ».

Puisse la grâce de l’Esprit Saint nous révéler que ce que nous vivons comme jour de souffrance reste invinciblement « temps de promesse et d’espérance »[4].

Les sœurs de la communauté d’Abidjan

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[1] Short message service ou minimessage.

[2] Préface, d’Anne Pelletier dans Baptisés dans le feu, Christus de Dolores ALEIXANDRE.

[3] La Congrégation des Filles de la Croix, La Fondatrice, Le Charisme, éd. Du Signe, p. 4-5.

[4] Préface, d’Anne Pelletier dans Baptisés dans le feu, Christus de Dolores ALEIXANDRE.

 

 

TIELOURGO ou comment ne pas répondre à un appel de détresse ?
Jan 13, 2020

Tielourgo quand son papa est venu au Centre des Handicapés Don OrioneUn jour de la fin du mois de septembre, le papa de Tiélourgo a frappé à la porte de notre Centre. Après avoir tout essayé – médecine traditionnelle, massage et prière d’un pasteur –, il était désespéré…

 Cela faisait plus de 3 semaines qu’il cherchait de l’aide pour faire soigner sa fille. En effet, au CHR de Korhogo, on devait lui faire une transfusion sanguine car elle était très anémiée et devait suivre une opération d’amputation de la jambe pour éviter, si ce n’est pas déjà fait, la propagation d’un cancer qui avait pris son genou.

Sans les 240 000 FCFA (366 €) qui devait financer l’opération et les transfusions, rien ne se serait fait. Et le cancer aurait très vite ou trop vite emporté la jeune fille de 10 ans.

Tielourgo entre ces parents à l'hôpital après l'opération d'amputationC’est ainsi que ma sœur Giovanna et moi avons décidé de faire quelque chose et vite. Nous avons rappelé le papa qui est revenu le lendemain matin avec tout son dossier médical. Après l’avoir écouté de nouveau quelques instants, nous l’avons laissé repartir vers l’hôpital avec l’argent de l’opération. Même si nous savions qu’il nous manquerait sur le fonctionnement de notre Centre, nous ne pouvions pas ignorer l’urgence : sauver un enfant, sauver Tiélourgo était prioritaire.

Tiélourgo venue nous visité au Centre pendant sa convalescenceNous sommes allées la revoir le lendemain de l’opération… Malgré la fatigue, la fillette avait un beau visage et ses parents le visage rayonnant de ceux qui ont lutté et réussi là où ils peinaient depuis des semaines ou des mois…

Quelques jours plus tard, elle est passée au Centre avec son papa. Ils nous ont remerciées.

Ils ont demandé encore de l’aide pour poursuivre les soins de suivi d’opération. Nous leur avons donné 50 000 FCFA (76 € 25) pour acheter médicaments et nécessaire pour les pansements.

Nous avons agi dans l’urgence. Les soins de Tiélourgo commencent juste. Nous avons déjà financé 290 000 FCFA.

Tiélourgo a déjà repris l'école après quelques semaines de retard

Nous remercions les bienfaiteurs qui nous permettent de pouvoir donner cette chance de vivre à ces enfants et de soulager les familles.

 Tiélourgo a repris le chemin de l’école puisque la plaie de l’opération était bien cicatrisée... Elle est en CE1.

 

 

 

 

 

« Mettre la personne debout »
Jan 13, 2020

 « Mettre la personne debout » : voici notre première mission.

Atelier orthopédiqueAu cœur de la région du Poro, le Centre des Handicapés Don Orione Antenne de Korhogo, accueille avec leur famille, les enfants et les adultes en situation de handicap physique, mental ou sensoriel, dans le but de les aider à faire un pas de plus vers leur autonomie physique et intellectuelle en vue de leur insertion sociale.

Depuis 25 ans, la mission de notre Centre des Handicapés Don Orione Antenne de Korhogo, se poursuit avec des demandes qui se diversifient et qui augmentent d’année en année. Celui-ci est né en 1994 de l’initiative de l’union des religieuses de Korhogo et confié à la Congrégation des Filles de la Croix par Monseigneur Auguste Nobou, Evêque du Diocèse de Korhogo.

Nous avons eu la chance depuis quelques années d’avoir l’aide des éducateurs venus de deux directions régionales des ministères pour renforcer l’équipe de leur compétence afin de pourvoir accueillir et accompagner toujours plus d’enfants en éducation spécialisée : des déficients intellectuels et des sourds-muets.

enseignement de la langue des signes aux petits sourds-muetsSi le nombre d’enfants accueillis et pris en charge augmente, c’est parce qu’il y a eu un très grand travail de sensibilisation autour du handicap commencé depuis les origines du Centre et même avant. En effet, beaucoup étaient laissés de côté, cachés, ou accompagnés à la mort. Les familles s’arrangeaient pour les faire disparaitre et ils mourraient car les enfants naissant avec un handicap étaient considérés selon la croyance comme des enfants-serpents, ainsi ils favorisaient leur retour à leur nature primitive.

Rééducation fonctionnelleAlors quand après 3 ans de demande et d’attente, étant conscientes qu’il fallait faire un pas de plus dans l’accueil des personnes en situation de handicap et de leur famille, le 24 octobre 2019, nous avons reçu une grande joie : le Ministère de l’Emploi et de la Protection sociale, des mains du Ministre, a signé l’agrément de notre Centre : « pour mener toutes actions d’éducation des enfants et adolescents en situation de handicap. »

Cela nous ouvre à la possibilité de faire des conventions avec différents ministères qui nous permettront de répondre mieux aux demandes sans cesse en augmentation dans tous les secteurs tant dans la prise en charge de la santé physique que dans l’accompagnement éducatif de ceux qui viennent à nous.

JeuxUne grand-mère venue nous confier sa petite fille qui ne parlait pas à l’âge de 4 ans, nous a dit sa joie à la fête de fin d’année : « Avant ma fille ne parlait pas mais maintenant, elle parle le dioula, le sénoufo et le français. Je n’y croyais pas mais je sais qu’elle peut apprendre ! Je remercie les éducateurs et le Centre ! »

Alors en esprit de Service à ces populations de personnes en situation de handicap et leur famille si vulnérables, nous voyons l’avenir s’ouvrir avec d’autres perspectives.

« Il faut faire beaucoup plus. Beaucoup plus que ce qu’on peut. Pour essayer d’en faire assez. Il faut faire davantage. Chaque jour. Tous les jours…

Tout amour semé, tôt ou tard, fleurira ! » (Raoul Follereau)

 

 

 

 

A Niellé, retour de la Sœur Janine
Jan 15, 2019

Lors d'une rencontre en ville, Sœur Fatou Xavière m'a demandé si je serais disponible au mois de Décembre. Plusieurs semaines après nous recevions une invitation pour fêter ses 25 ans de vie religieuse à NIELLE

Nielle évoque pour moi le premier contact avec la Côte d'Ivoire profonde un 16 septembre 1973. Ce jour-là nous sommes arrivées à Niellé avec Sœur Mathilde Saint Jean, Assistante Générale, et Sœurs Jeanne Aldalurra et Jeanne Marisco...

C'est la même émotion qui m'a étreint ce 23 décembre en voyant les personnes qui venaient me saluer en m'appelant par mon prénom. Je reconnaissais certains et je découvrais d'autres qui étaient devenus adultes et encore d'autres qui avaient pris des cheveux blancs et des rides comme moi. Ce qui m'a enchantée, c'est que tous gardaient un bon souvenir. Est-ce le temps qui efface ce qui est moins bien. Il y a eu des poses photos en sortant de la messe. Voilà, j'étais dans la boîte.

Brehima avec lequel j'ai travaillé durant 25 ans au dispensaire a appelé l'infirmier afin de faire une visite au dispensaire. Le personnel était surpris Soeur Janine du temps de la mission à Nielléde me voir en chair et en os. Ils me voient chaque jour en photo dans la salle d'attente. En effet, il y a vingt ans le préfet de Ferké avait envoyé un photographe pour tirer « une pose » et cette photo est toujours dans la salle d'attente du dispensaire, les couleurs ont beaucoup fanées.

La cérémonie qui nous a amené à Niellé était très belle ; Sœur Fatou avait choisi de fêter les 25 ans de vie religieuse à Niellé, village proche de son village natal. Fatou vient d'une famille musulmane et toute sa famille était là. La jeunesse de Niellé sera sûrement sensible à ce témoignage de vie consacrée à Dieu.

Beaucoup de missionnaires ont des noms significatifs que les gens leur donne. Lorsque l'âge de la retraite a sonné pour moi, à 55 ans à l'époque, les autorités ont voulu me remercier en me donnant la médaille du mérite. Il y a eu de beaux discours certains pleins de gentillesse : « c'est son ardeur au travail que nous honorons aujourd'hui ! »
Le Panneau du dispensaire de Niellé
Très sérieusement, les gens m'ont donné un Nom et un Prénom Sœur Ouattara Shientchon dit Sœur Janine. J'ai voulu savoir la signification de mon prénom: "celle qui nous a pris avec un bon cœur".

 

  

 

 

La belle histoire de ISSA
Dec 22, 2018

Le 8 Décembre 2017, un enfant a été accompagné au Centre Social 1 de Korhogo par Monsieur Yéo Soulemane, Imam de la Mosquée du quartier Prémafolo de Korhogo. Le griot, demandé par l'imam, a fait le tour de tous les quartiers de la ville de Korhogo pour demander aux gens si quelqu'un savait s'il y avait un enfant qui avait disparu. Mais personne n'en savait rien ! Il a dit d'être référé par le commissariat de Police et a fait part du motif de sa présence.

Monsieur Souleymane relate que le 6 décembre 2017, il a été interpelé par les fidèles musulmans de la mosquée de la présence d'un enfant malade aperçu depuis quelques temps aux abords de leur lieu de culte. Il a fait venir auprès de lui, l'enfant afin de savoir ses origines. Selon lui, l'enfant dit s'appeler « Tchékoroba » (« Le vieux »). Il dit qu'il a eu une communication difficile avec lui. En plus, il n'a pas les moyens matériels et financiers pour la prise en charge de l'enfant. Il est donc venu solliciter les services compétents pour la protection de celui-ci.

Le Centre Social a alors procédé à l'écoute de l'enfant. Il dit qu'il s'appelle ISSA et qu'il a été surnommé par son père « TCHEKOROBA ». Son père se nomme DRISSA. Il ne connait pas sa mère parce qu'elle est décédée. Il relate à l'équipe du centre social que son père l'aurait confié à son oncle, un marabout de profession, qui vit dans le village. Il a été déposé par cet oncle à la tombée de la nuit devant la mosquée qui lui a ordonné de rester sur les lieux jusqu'à ce qu'il revienne. Il dit ne plus se rappeler de son père.

Après plusieurs jours d'attente, l'oncle n'est pas revenu. C'est dans ce contexte qu'il se trouvait toujours devant la mosquée. Cet enfant abandonné et laissé à son propre sort était en danger et n'était pas en capacité de faire face à ses besoins quotidiens.

Le juge des enfants et des tutelles a été informé par le centre social de la situation et a ordonné que l'enfant soit confié à une famille. Celui-ci a fait appel à plusieurs familles. Mais sachant que l'enfant était malade, toutes ont refusé. Le centre social, connaissant Alphonse et sa femme Edith, leur a demandé s'il pouvait accueillir l'enfant chez eux. Et ils ont accepté de bon cœur en pensant au besoin d'Issa.

Dès les premier jour, Alphonse a accompagné Issa pour une visite médicale chez le pédiatre de l'hôpital de Korhogo. Cette visite a révélé que l'enfant souffre d'une tuméfaction et une déformation de la colonne vertébrale 4 et 5.

Le Pédiatre après avoir établi un certificat d'âge physiologique, a fait une référence au service de chirurgie du CHR. Il lui a attribué l'âge de 6 ans ! La consultation dans ce service a révélé une suspicion d'un mal de Pott, une forme de tuberculose.

Ce même jour, une référence a été faite au Centre Anti-Tuberculeux. Une consultation, des analyses et une échographie ont été effectuées. Celles-ci ont permis de savoir que l'enfant ISSA souffre effectivement du mal de Pott. Il présente une masse de liquide située dans l'estomac et une anémie.
L'enfant a été mis sous traitement antituberculeux.

Issa a commencé à fréquenter l'école en CP1 a ce moment-là. Il a déjà effectué une partie de l'année scolaire mais a cause de la maladie et du retard, il a redoublé la classe.

Malgré cela il s'est épanoui. Il a retrouvé le sourire. IL A TROUVE SURTOUT UNE FAMILLE QUI L'AIME !

 

 

 

Une belle histoire de famille à Boniérédougou
Dec 5, 2018

Une jeune maman est venue, avec son enfant de 7 ans, voir les Sœurs pour leur exposer leur problème de santé ; les deux sont atteints de sérieux troubles visuels.

Sœur Marie les accompagne à Bouaké pour une consultation ; le spécialiste consulte la maman et dit que son œil gauche est déjà perdu et la vision de l'œil droit très réduite.

Quant à l'enfant, le docteur conseille de l'opérer rapidement, sans quoi, il risque de perdre la vue lui aussi en raison d'une cataracte congénitale bilatérale.

Le papa a abandonné sa femme et son fils à cause de leur handicap ; ces derniers vivent avec la grand-mère maternelle qui est veuve.

Nous avons lancé un appel pour l'intervention de l'enfant ; aucune réponse, mais nous ne baissons pas les bras, nous continuons à prier et à faire confiance en la Providence.

Un jour, nous avons eu la visite d'une dame, originaire de Boniéré, qui travaille au ministère de l'Éducation nationale à Abidjan. Nous lui avons parlé de cet enfant, elle nous conseille de le faire soigner à l'hôpital Don Orione de Bonoua et s'engage à prendre en charge les soins.

 Elle a payé, en effet, une somme importante et grâce à elle, l'enfant a vu la lumière du jour.

Quelle joie ! Merci Madame Joséphine, mille fois merci !

L'enfant est vraiment joyeux, il faut voir comme il regarde sa maman et caresse son visage.

Il est heureux de jouer avec ses camarades ; à la rentrée prochaine, il va commencer l'école.

Un mois après l'intervention, le dimanche, la jeune maman était à Boniéré avec son petit Yves ; elle a demandé la messe pour Madame Joséphine qui se trouvait, elle aussi, dans l'assemblée. Après la célébration, nous avons présenté la jeune femme et son fils à leur bienfaitrice qui demande à la maman : « qui sont tes parents? » Elle dit le nom de son père et de sa mère. Grande surprise ! Madame Joséphine découvre qu'ils font partie de sa grande famille et elle éclate en cris de joie !!!

Nous rendons grâce à Dieu pour ce beau geste d'amour et de partage.

Il suffit d'une parole pour transformer le monde, il suffit d'une parole pour transformer la vie.

Retour au pays de Sœur Jeanne Marisco
Sep 29, 2018

Tout à une fin ! Le temps est venu de dire « au revoir » à mon diocèse de Katiola.

Arrivée en Octobre 1966, je quitte ce diocèse (ma seconde et grande famille) ce 21 Novembre 2017.

Affectée à Korhogo, au Collège Ste Elisabeth, à l'arrivée de Monseigneur Nobou, je quitte cette mission en 1973 pour fonder à Niellé avec Sœur Jeanine Sein et Sœur Jeanne Aldalurra.

En 1989, à la demande de mes responsables, je quitte Niellé pour me rendre à Boniéré, avec une nouvelle équipe afin d'ouvrir une communauté de formation pour les premières jeunes africaines qui souhaitent devenir Filles de la Croix.
Les Sœurs Catéchistes de Menton avaient quitté cette paroisse depuis une dizaine d'années.

 J'ai duré, travaillé dans cette paroisse, avec les Djiminis, pendant plus de 27 ans.

Une question m'a été posée : « Qu'elle a été votre mission préférée ? » Quand il s'agit de porter aux hommes « la joie de l'Évangile », on ne fait pas de comparaison. J'ai essayé de m'adapter à chaque situation, à chaque mentalité pour annoncer Jésus-Christ, pour apporter un peu de joie et de réconfort, surtout aux plus pauvres, aux handicapés. Une mission préférée est la catéchèse aux enfants scolarisés et aux jeunes, je pouvais leur annoncer la tendresse de Dieu pour chacun, leur dire que Dieu s'intéressait à chacun d'eux.
J'ai voulu simplement vivre notre charisme qui se résume en deux mots : « enseigner et guérir ». En même temps, à l'exemple de notre Fondatrice Sainte Jeanne Élisabeth, j'ai voulu avoir une attention particulière pour l'Église et ses pasteurs, nos Prêtres.

Ce que j'ai pu faire de bien là où je suis passée, c'est avec la grâce de Dieu qui ne nous manque jamais et avec l'aide et le soutien de mes Sœurs. C'est la communauté qui évangélise. D'où l'importance de vivre une vie fraternelle, une vie de prière dans la simplicité, l'humilité et la joie partagée. Ne dit-on pas que « l'union fait la force » !

Si pendant ces cinquante ans, j'ai pu apporter quelque chose au diocèse de Katiola, je peux dire sincèrement que j'ai beaucoup reçu de la population, de la fraternité des Religieuses, de nos Prêtres et de notre Évêque Monseigneur Bessi qui nous a toujours fait confiance.

Très, très grand merci à vous tous ! Pardon si je n'ai pas toujours répondu à votre attente.
Je retourne au Pays Basque, mais pas seule, avec vous tous dans mon cœur et dans ma prière. Ce n'est qu'un au revoir, mes frères, ce n'est qu'un au revoir ! Oui, nous nous reverrons un jour !

Une Revue offerte !
Jun 26, 2018

Soutenue par mes sœurs de communauté, j'ai présenté un projet aux sœurs après le dernier Chapitre de la Congrégation, Chapitre ayant pour thème : « Avance au large ».

Ce projet exposait un désir d'écrire des articles sur les évènements du monde, les évènements de nos terres de mission. Quelques écrits ont été publiés sur le site internet des sœurs Filles de la Croix et quelques autres sont en cours de critique par une équipe de rédaction du CERAP (Centre d'Etude et de Recherche d'Action pour la Paix), un Centre universitaire privé jésuite à Abidjan, Côte d'Ivoire. Les dernières réflexions portent sur « La responsabilité médicale en Afrique ». Dès que ce sera validé, une publication est prévue.

revue

Il a été souligné dans la présentation du projet l'importance de lire beaucoup de livres, de revues de différents auteurs pour pouvoir produire des propos justes et objectifs. Pour réaliser ce beso, nous avons sollicité votre soutien pour des abonnements de revues. Notre appel a reçu une réponse favorable de votre part. Nous adressons à cet effet, un grand merci.

Merci pour l'abonnement à « Jeune Afrique », une revue si riche, si actuelle sur le continent africain, voire au-delà. Elle inspire vraiment l'analyse. A titre d'exemple, nous avons pu écrire un essai en partant d'un article intitulé, « Le Lexique de l'inaction », écrit par Mehdi Ba, dans Jeune Afrique n° 2983 du 11 au 17 mars 2018, p. 37. Dès que ce sera validé, nous allons publier un essai intitulé « L'art de la communication ».  

A part la composition d'articles, les revues ont aussi servi dans la mission d'enseignement. Durant le cours de droit des affaires, nous nous sommes penchés sur trois thèmes suivants :

1. L'objet du droit des affaires,

2. Le droit des affaires dans l'espace OHADA : Organisation pour l'harmonisation en Afrique du Droit des affaires

3. Et le secteur informel en Afrique, à savoir les activités économiques non enregistrées au registre du commerce.

Pour approfondir ces thèmes, nous avons pris comme document de base des articles tirés de « Jeune Afrique » :

Pour le premier thème, Jeune Afrique n° 2980 du 18 au 24 février 2018 nous a permis de lire l'expérience d'hommes et de femmes dans l'univers des affaires. Et nous avons pu répondre aux questions: « Qu'est-ce que c'est que le Droit des affaires ? » et « D'où vient le Droit des affaires ? ».

Pour le deuxième thème, le même numéro de Jeune Afrique nous a décrit l'expression du Droit des affaires dans l'espace OHADA : Organisation pour l'harmonisation en Afrique du Droit des affaires.

rencontre - article T

Et pour le troisième thème, grâce à Jeune Afrique n° 2979 du 11 au 17 février 2018 nous avons pu étudier la place du secteur informel dans un monde des affaires marqué par l'esprit d'entreprise (la place des activités économiques non déclarées officiellement dans le monde des affaires).

A part Jeune Afrique, la Congrégation nous a aussi soutenus par la remise d'une somme d'argent en vue d'abonnement. Nous remercions infiniment la Région Canada pour ce soutien. Vu cependant la difficulté pratique d'abonnement, nous préférons, acheter des ouvrages avec cette somme.

Les Filles de la Croix, Abidjan.

 

Jeunes Sœurs d’Afrique
Jun 6, 2018

« La congrégation cherche à donner à la jeune sœur des conditions favorables de croissance et de discernement. »
Charte de formation

Le groupe des jeunes sœurs d'Afrique « JP Afrique » s'est réuni à KORHOGO (CI) pour une première rencontre, du 27 au 30 décembre 2017.

  • La prière autour de la Parole de Dieu
  • La grande table avec nos sœurs de Korhogo
  • Une même réflexion sur notre vie de chasteté,
  • a rassemblé le groupe.

Un texte de X. Lacroix « Vie affective, vie sexuelle, vie spirituelle » offert dans un autre contexte, le livre de Sr Lucie Licheri « Par un simple oui » a aidé le groupe à découvrir les différents aspects de la chasteté en vie consacrée. Corps, Sexualité, Vie affective !!
Des questionnaires ont été mis à notre disposition pour travailler en groupe et partager nos expériences. Mais quelle ouverture, simplicité, joie, dans les partages ensemble !

Un projet de vie est bâti pour cheminer ensemble :
« Jeunes sœurs, appelées à être attentives à notre vie de chasteté, à notre vie relationnelle, dans le respect des autres.
Jeunes sœurs, appelées à être actrices dans la communauté, lieu de croissance. »

Merci à toutes les sœurs qui nous ont accueillies dans la simplicité.
Une deuxième rencontre nous attend au mois d'avril 2018 à Ouagadougou.
Mais elle est déjà là ... cette rencontre !
Sr Marthe est là. Elle est là ... elle attend patiemment ! Où sont donc les jeunes sœurs ? Quelques-unes voyagent en bus depuis la Côte d'Ivoire, d'autres sont au Burkina. Il en manque encore une !!!
Tout d'un coup le téléphone sonne ! Tu viens quand ? Nous sommes là... Tu arrives quand ? Nous t'attendons !!

JP 2

« Que nous proposera-t-elle cette fois ? Des questions...et des questions ?... » Non, pas seulement.
Le thème choisi est celui-ci : « La chasteté et notre rapport aux technologies nouvelles »
Surprenant le lien avec notre vie de chasteté.
Cependant.... recherche d'auto présentation de soi sur internet, vouloir se rendre visible à tout prix, la confidence de soi qui va parfois très loin, exposition de sa vie intime, etc.
Important d'être vigilantes sur l'utilisation du net, le temps que j'y passe dans la journée, la semaine, au détriment de quoi ? Le temps de la prière, le temps du travail, le temps communautaire... ?
Comment je gère ces moyens de communication et quelle utilisation j'en fais, pour quelle vie ?
Comment cultiver une intériorité, une présence aux personnes et l'utilisation de ces instruments, extraordinaire certes !
Quels réseaux j'entretiens et pour quelles motivations ?
Tout ceci, qu'est-ce que cela produit en moi et sur ma manière de vivre la chasteté ? Qu'est-ce qui est au service de ma croissance en cohérence avec mes choix et le service des autres ?
Décidément, vivre la chasteté donne une ouverture extraordinaires, mais le chemin est bien étroit quelques fois !

Nous sommes heureuses de ce temps. Cette réflexion a été encore une fois si riche !
A quand la prochaine rencontre ?

Les Jeunes Professes d'Afrique

 

Aujourd’hui - La PASSION de JÉSUS !
Mar 23, 2016

Grâce à une amie qui m'est chère, j'ai reçu le témoignage d'un médecin allemand exerçant auprès des réfugiés venus de la Syrie.

Son écrit témoigne que des hommes et des femmes continuent à sauver l'humanité. Grâce à eux, l'indicible ne tombe pas dans l'oubli. Ils écoutent, ils soignent. Ils sont debout face à l'intolérable, « épuisés mais debout ».
Comme dit un auteur dont le nom m'échappe, « Sans relâche, ils accompagnent des enfants, des femmes, des hommes vers la vie timidement retrouvée. Ils sont là, orfèvres du bien en chair et en esprit, médecins, psychologues, écoutants, soignants. Ils sont des combattants contre la puissance du mal qui n'a plus apparence humaine »..

Il arrive que devant de telles souffrances, la foi en Dieu vacille comme celle en l'homme. Mais comme les apôtres l'ont bien fait remarquer à Jésus : « Vers qui irions-nous Seigneur ? », ces hommes et ces femmes continuent envers et contre tout à réaliser le dessein de Dieu. Un dessein qui risque la fragilité et qui par amour maintient la présence...

 

Cliquer ici pour lire l'ensemble du témoignage...

A Korhogo : Le groupe « Relais »
Feb 16, 2016

Il a pris le relais du charisme des Filles de la Croix au cœur de la mission éducative au Collège Sainte Élisabeth de Korhogo.

Voilà déjà dix ans que le groupe-laïc nommé « Relais » du Collège Sainte Elisabeth de Korhogo, s'est fixé des temps de retrouvailles pour prier, pour se nourrir de la PAROLE de DIEU et de la vie des Saints Fondateurs : André Hubert et Jeanne Élisabeth. C'est aussi pour le groupe une occasion de vivre un temps de convivialité...

Le groupe « Relais » est formé de professeurs-enseignants dans le Collège Sainte Élisabeth de Korhogo. Leurs familles font aussi partie du groupe.
Marqués par la Parole forte de Jeanne Élisabeth : « Je prends au sérieux l'engagement de mon Baptême... », les membres désirent à leur tour donner un sens au « Oui » de leur baptême. C'est dans l'exercice de leur fonction au service des jeunes et dans la disponibilité aux plus nécessiteux à l'exemple des Filles de la Croix, qu'ils veulent déployer cet engagement. Ainsi, les missions des Filles de la Croix ont inspiré les œuvres actuelles de ces laïcs, « On tisse la nouvelle natte en étant assise sur l'ancienne ». Ils « embrassent toute espèce de bonnes œuvres ». L'attention que le groupe porte aux élèves se décline comme suit :

Donner du soutien-scolaire aux enfants démunis pour qu'ils arrivent à suivre les cours ;

Être des tuteurs pour certains élèves ayant des difficultés. Les membres qui ne sont pas tuteurs soutiennent matériellement celui ou celle qui a la garde de l'élève ;

Redonner des valeurs à la jeunesse en quête de sens aujourd'hui.

Le groupe « Relais » s'est donné comme engagement en cette année 2015, année jubilaire, de prendre une part active dans la préparation du Cinquantenaire de la présence des Filles de la Croix en Côte d'Ivoire et du Collège. A cet effet, les membres du groupe en lien avec la direction du Collège ont organisé plusieurs activités pour qu'élèves et parents participent à ce jubilé :

Des conférences-débats avec différents thèmes :

  • Présentation de la Congrégation des Filles de la Croix
  • Sujets impliquant élèves et parents : Zéro grossesse en milieu scolaire ; Les méfaits de la drogue ; Le système éducatif en Côte d'Ivoire

Des compétitions sportives entre plusieurs Collèges de Korhogo.

Des célébrations Eucharistiques marquant les temps forts de l'année.

Et la confection d'un pagne spécial pour pérenniser ce jubilé d'or.

Cette grande préparation a été pour chaque membre du groupe un temps de vie, de fraternité et d'action de grâce au Seigneur pour le don de la Congrégation et du Charisme qui nous fait vivre tous. Le groupe « Relais » a rencontré la Supérieure Générale de la Congrégation, Sœur Marthe Perugorria en décembre 2015. Elle a convié le groupe à entrer dans la préparation du Chapitre Général avec le thème : « Avance au large ! »

 

 

  

 

Les laïcs d’Afrique
Feb 16, 2016

 2015 fut une année ponctuée de plusieurs événements pour les laïcs et les Filles de la Croix d'Afrique. Faire mémoire du passé et rendre grâce, et ensuite se tourner résolument vers l'avenir. Ainsi, témoignages et colloques ont été proposés à Dikodougou lors d'un pèlerinage.

 En 2015, un pèlerinage fut organisé à Dikodougou pour permettre aux sœurs de relire le dynamisme de celles qui les ont précédées dans la mission. Seulement à leur arrivée à Dikodougou le matin du 28 février, les sœurs étaient quelque peu surprises de l'accueil fait par un laïc. D'emblée ce dernier avoue: « Aujourd'hui, mes sœurs j'aurais bien pu être un bandit ! » ; expression inattendue, sinon déconcertante pour des sœurs venues seulement faire mémoire de leurs prédécesseurs. Mais très vite, elles découvriront que derrière ces mots se cache une profonde reconnaissance à l'égard des sœurs devancières. Monsieur Nicolas termine en effet, ses propos ainsi : « ...si je n'avais pas rencontré les Filles de la Croix ». Et alors en signe de gratitude, il propose aux pèlerines de visiter le Chef du village. Le Chef évoque à son tour son bon souvenir des Filles de la Croix. Il a parlé de la réussite professionnelle et humaine d'un jeune alphabétisé par les sœurs. Bien d'autres témoignages de laïcs se sont succédés. D'après Monsieur Simon et Madame Kakologo, les sœurs de la communauté de Dikodougou ont à travers leur don de vie au Christ, rendu des hommes et des femmes debout, responsables au sein de la société.

À part les témoignages, les laïcs ont préparé des colloques très intéressants. Ainsi en-est-il de ce qu'a concocté Madame Nadège responsable de l'atelier coupe-et-couture initié par les Filles de la Croix. Elle a prévu un temps de dialogue entre les sœurs et « ses » jeunes couturières. Malgré leur handicap physique, ces jeunes femmes effectuent aujourd'hui un travail de qualité.

À côté de ces initiatives individuelles, les initiatives des « groupes-Laïcs » furent tout aussi enrichissantes. Le groupe « TAMANG », situé à Korhogo, qui signifie « AMOUR » a par exemple prêté sa voix pour commenter la diffusion d'une bande dessinée intitulée « Chemin des Étincelles ».

« Chemin des Étincelles » raconte le vécu des fondateurs de la Congrégation des Filles de la Croix : Saint André Hubert et Sainte Jeanne Élisabeth. Après la projection, un membre du groupe : Monsieur Casimir, a exprimé combien les dessins lui rappelaient son séjour à la Puye lors de la rencontre internationale Laïcs-Sœurs en 2014. Les images le replongeaient dans l'histoire des fondateurs. Il s'est rendu compte des difficultés rencontrées par les fondateurs : les installations (si ce n'est pour dire les désinstallations !) ; les crises politico- religieuses de l'époque, ...Par ailleurs, disait-il, les lieux forts de la Congrégation tels que les Marsyllis, l'escalier du pauvre lui revenaient en tête et dans le cœur !

Après le groupe « TAMANG », un deuxième groupe a préparé un colloque, les « AMIS DES FILLES DE LA CROIX », situé à Dikodougou. Lors de l'échange qui s'est tenue à l'Église de Dikodougou, les sœurs ont fait plus ample connaissance du groupe. Il compte une trentaine de personnes qui se réunissent une fois par mois. Les membres ont soulevé tout de même la difficulté de maintenir cette fréquence. Le groupe garde un lien permanent avec la Congrégation grâce à la présence de sœur Giulia qui assure une « mission itinérante » entre Korhogo et Dikodougou. D'après Monsieur Pascal, président du groupe, la correspondance toujours actuelle avec les laïcs de « Traversetolo », d'Italie, renforce la fraternité avec les Filles de la Croix. Cette fraternité qui est au service des petits et des pauvres à la suite de Jésus Christ, le Centre, le Modèle et le Tout.

A Boniéré, une femme handicapée
Feb 5, 2016

Quand tout le village met en feu le cœur d'une brousse !

A Boniéré, village de brousse du coeur de la Côte d'Ivoire, les soeurs sont prises de compassion et s'insurgent de voir qu'une femme handicapée dort à même le sol, dans la boue. Elles se tournent vers les gens qui finissent par se mobiliser.

 Un feu qui vous prend comme le vent !

Dans un village près de BONIÉRÉ en Côte d'Ivoire, une femme est abandonnée, délaissée, handicapée... Cette femme ne marche pas. Ses jambes et son corps sont lourds et inertes. Elle ne peut rien faire seule. Son père, sa mère, décédés...les autres membres de sa famille ne daignent tourner vers elle leur regard.

Je vais chaque semaine visiter les villageois. J'ai rencontré cette femme. J'en ai parlé à ma communauté.
Ma communauté ? C'est une beauté ! Elle a eu un regard de tendresse pour cette personne seule avec ses enfants. Mes sœurs lui portent aujourd'hui de la nourriture, des vêtements, de l'eau. Je lave son linge, je vais chercher de l'eau au puits pour remplir son canari (récipient à la porte pour celui qui veut boire !). Cette femme handicapée a une cabane délabrée. La pluie pénètre à l'intérieur. Le sol est boueux. Dormir sur cette boue est un acte sans nom !
J'ai eu trop mal au cœur. J'ai cherché à dialoguer avec sa famille. Aucune personne ne voulait m'écouter. 
J'ai été trouver le Chef du village. Il a compris la situation. D'une décision rapide, il a rassemblé tout le village et la famille de cette femme handicapée. Les enfants étaient là : 19 ans, 13 ans, 6 ans et 2 ans. Au dernier enfant, le père les a tous quittés.
Devant le village rassemblé, je me suis présentée : « Si moi-même, religieuse de votre village, je meurs ici chez vous, allez-vous me laisser et dire à ma famille de venir laver mon corps ? »
Tout le village a entendu. Il a réagi : « Non, tu es notre sœur, nous nous occuperons de toi avant que ta famille ne vienne jusqu'ici ! »
« Donc, vous qui pensez prendre soin de moi, comment ne prendriez pas soin de cette femme de chez vous ? Faites comme si c'était moi ! »

Après cette rencontre, chaque famille du village s'est engagée. Elles ont pris soin de chaque enfant. Une chaise roulante est arrivée pour la maman.
Cette jeune femme a 30 ans. Un avenir s'est ouvert à elle...et à ses enfants !
Le feu a pris... le village est attentif à tous ceux qui crient chez eux...

Le feu, comme le vent, se répand !

Merci Sœurs Marie, Danièle, Filomena, Alice !

 

 

 

Pélerinage à Dikodougou
Mar 24, 2015

 En décembre 2014, l’Assemblée générale d’Afrique a pris l’initiative de « retracer l’histoire de la présence des Filles de la Croix en Afrique pour retrouver le dynamisme de nos devancières ». C’est dans le sens que le pèlerinage à Dikodougou, a eu lieu.

Le samedi matin, arrivées à destination, toutes les sœurs ont exprimé spontanément la joie des retrouvailles. Invitées par l’équipe-organisatrice composée de Sr. Sylvie, de Sr. Clémentine et de Sr. Alice, chacune des sœurs apporte les nouvelles des communautés respectives ainsi que le déroulement des voyages. Certaines sœurs arrivent de Ouagadougou en faisant escale à Bobo-Dioulasso. C’est le cas de Sr. Susana avec trois jeunes en formation : Alessandra, Charlotte et Ludivine. Certaines, arrivent d’Abidjan : Sr. Natacha, Sr. Tahiry et Sr. Sylvie. Les autres sœurs et jeunes en formation viennent des deux communautés de Korhogo : Sr. Hélène, Sr. Clémentine, Sr. Giulia et Sr.  Janine, et les postulantes: Joséphine, Adèle, Rose, et Rosine pré-postulante.

 

Historique de la mission en Afrique

Pour ce premier échange, Sr. Janine a introduit brièvement le début des missions à Dikodougou. Nous avons découvert (ou redécouvert pour certaines) qu’en 1969 l’Évêque de Katiola, en la personne de Monseigneur Durrheimer, a sollicité la Congrégation des Filles de la Croix afin que des sœurs viennent à Dikodougou[1] pour répondre aux besoins d’une population en quête d’accompagnement et de soins. L’appel correspondant au charisme des Filles de la Croix, soit « Enseigner et guérir », la Congrégation a répondu favorablement par l’envoi des sœurs :

  • Sœur Marie-Pierre PEHAUT, infirmière de profession ;
  • Sœur Thérèse PRIM, engagée dans la pastorale et la promotion des femmes ;
  • Sœur Thérèse ABREU; engagée dans la promotion des jeunes filles déscolarisées;
  • Sœur Geneviève LAGUT, institutrice et formatrice dans l’âme. Sa compétence pédagogique est sans conteste.
  • Sœur Lucienne SAINT HENRI, très investie dans l’agriculture.

Pendant le témoignage, Sr. Janine a souligné le dévouement des sœurs, leur présence humble et efficace. Elle disait par exemple que Sr. Geneviève était très compétente pour apprendre à lire, à écrire et à compter. Un jour un de ses élèves racontait que grâce à Sr. Geneviève, il a été capable de bien gérer ses affaires, de veiller à ses justes intérêts. Par ailleurs, Sr. Geneviève a appris à parler et écrire la langue sénoufo pour pouvoir échanger avec les gens aisément. Elle tenait à la qualité et à l’objectivité des rencontres avec les personnes. Voilà comment pendant plus de 40ans de présence, nos sœurs étaient à Dikodougou pour « enseigner et guérir » et ceci même pour les causes qualifiées à l’avance comme perdues !

Ensuite, au nom de toutes les sœurs, l’équipe-organisation a remercié Sr. Giulia pour l’accueil et pour la mission à Dikodougou dont elle assure la continuité. Sr. Giulia est la coordinatrice avec les laïcs sur place.

Après un déjeuner très fraternel, nous avons eu la joie d’accueillir, Sr. Giovanna et Sr. Maria qui étaient retenues à Korhogo pour un engagement important concernant la Congrégation. Elles arrivaient avec Mr. Casimir membre du groupe laïc « TAMANG »[2] ou « AMOUR ». Ce groupe vit du charisme des Filles de la Croix. Il est situé à Korhogo.

 

Le groupe « Tamang » Ami des Filles de la Croix

Vers les 15 heures, nous nous sommes dirigées à l’Église à la rencontre du groupe laïc de Dikodougou.

Ce groupe porte le nom de : « AMIS DES FILLES DE LA CROIX ». Le temps de partage a été l’occasion de se donner des nouvelles. D’abord, nous avons exprimé le sens de notre pèlerinage : lire les pas de nos devancières en vue de la continuité de la mission. Ensuite, le groupe à travers ses représentants et quelques membres, a pris la parole. Nous avons appris qu’il est composé d’une trentaine de personnes qui se réunissent une fois par mois. Il a été tout de même relevé que cette fréquence n’est pas toujours évidente à maintenir. Le représentant du groupe a signifié la correspondance avec le groupe laïc de « Traversetolo » en Italie. Ce lien représente pour eux une belle fraternité. Leur lien donne de vivre ensemble une présence auprès des petits et des pauvres.

Enfin, le groupe « Amis des Filles de la Croix », a exprimé que la présence de Sr. Giulia, en tant qu’accompagnatrice du groupe, compte beaucoup pour eux.

 

Madame Kakologo

Un témoignage de Madame Kakologo a suivi ce temps de partage. Elle disait que « grâce aux sœurs je suis autonome malgré mon handicap physique. Je suis maman d’un garçon et deux petites filles. J’ai appris des choses avec les sœurs, je m’exprime en français. J’ai réfléchi sur leur choix de vie consacrée, mais ma vocation était autre. Je remercie Dieu de ce que les sœurs ont été pour moi ».

Les points forts sortis de cette rencontre laïcs-sœurs à l’Église de Dikodougou :

  • La confirmation que : à la suite de Jésus Christ, nos sœurs devancières ont donné leur vie pour mettre les petits et les pauvres debout ;
  • La reconnaissance de leur présence active et humble;
  • La joie de la population de notre choix de Dikodougou comme lieu de pèlerinage;
  • L’attente manifeste que des sœurs reviennent s’installer à Dikodougou ;
  • La conscientisation des laïcs sur l’importance de leur présence. Par leurs engagements, ils continuent l’œuvre des Filles de la Croix ;
  • L’héritage reçu des fondateurs est à transmettre afin qu’il porte des fruits ;
  • La question de la crise vocationnelle à Dikodougou, malgré le témoignage de vie donnée par nos sœurs ;
  • Les jeunes et les parents ont posé la question sur la manière et conditions pour devenir prêtre ou sœur.

 Pour répondre à cette question, des propositions ont été émises :

  •  La priorité de la Prière parce que l’Évangile invite à prier le Maître de la moisson pour qu’Il envoie des ouvriers à sa Vigne.
  • Comme nos sœurs devancières, dire, par notre être et par nos actes, que la suite de Jésus Christ rend une vie féconde.  
  • La nécessité d’informer les jeunes locaux sur ce qu’est la vie religieuse ,le sens, le déroulement des formations, les interlocuteurs, les attitudes des parents, des adultes vis-à-vis des jeunes, l’approche de la culture locale

 Avant de quitter le groupe-laïc, le Curé de la Paroisse, le Père Barnabé COULIBALY, a confirmé sa joie de nous accueillir. Il a dit : « Ici, vous êtes chez vous ». Il a également exprimé à plusieurs reprises son souhait de voir des Filles de la Croix s’installer en permanence à Dikodogou. Enfin, il a noté la richesse de notre internationalité.

 Foyer de couture Marie Elisabeth

Aux environs de 16 heures, nous nous sommes rendues à la communauté où le groupe atelier-couture représenté par Madame Nadège et le groupe des personnes en situation d’handicap nous attendaient. C’était un temps privilégié de « conversation ». On s’écoutait, on se parlait. Une dame en situation d’handicap a dit qu’avec tout ce qu’elles ont vécu avec les sœurs, elle peut dire aujourd’hui qu’elles sont les « Filles des Filles de la Croix » ! Oui, l’Esprit de famille est bien présent à Dikodougou. Grâce à Nadège et Nicolas, un ami proche des sœurs, chaque expression des gens a été traduite en français     « ESPRIT DE FAMILLE ! »  

Visite du Chef du village

En fin de journée, dans le respect de la coutume locale, les sœurs accompagnées de Nicolas sont allées visiter et présenter les salutations au Chef du village. Il a été content de nous recevoir et il a dit avoir gardé un bon souvenir de nos Sœurs. Il a raconté la réussite d’un jeune qui a été alphabétisé par Sr Géneviève. Ce dernier est devenu responsable du groupe des jeunes originaires de la région résidants à Abidjan. Enfin, le Chef du village a dit que pendant les périodes difficiles traversés par la Côte d’Ivoire, en tant que représentant de l’Autorité, il a envoyé des portes paroles dire aux sœurs que des « Dozos » allaient monter la garde à la communauté. Ce qui traduisait un attachement fort de la population à nos sœurs.

Tout au long de notre parcours vers le Chef du village et au retour à la Communauté, nous avons eu le privilège de découvrir des patrimoines culturels rares : le Tribunal traditionnel, la case du charlatan (celui qui prévoit l’avenir), la maison des fétiches, la dame la plus ancienne du village, l’outil ancien du forgeron toujours en fonction pour produire des outils pour travailler la terre, le caveau des parents de Mr. Nicolas et le Bois sacré (vu de loin parce qu’interdit aux personnes non initiées).

Chemin des étincelles à la belle étoile !

Le soir après le dîner, une projection du diaporama intitulé : « CHEMIN D’ETINCELLES » est annoncée. Il s’agit d’une bande-dessinée parlant de la vie des Fondateurs de la Congrégation des Filles de la Croix : Saint André Hubert et Sainte Jeanne Elisabeth. C’était une projection à la belle étoile! Les paroles étaient lues par quelques spectateurs. Un bref échange s’est tenu en suivant. Mr Casimir a exprimé son émotion car les dessins lui rappelaient son séjour à La Puye durant l’été 2014 lors de la rencontre internationale Laïcs-Sœurs. Il se rappelait des lieux forts de notre histoire : les Marsyllis, l’escalier du pauvre… Il a également été frappé par les difficultés rencontrées par les Fondateurs dans leur mission: l’installation, les évènements politico-religieux. Malgré tout, nos Fondateurs n’ont pas cessé de servir le Seigneur. À travers leur vie, on peut vraiment dire que « De la blessure naît la vie ». Pour quelques sœurs, la projection « CHEMIN D’ETINCELLES» rappelle un chemin de commencement, de recommencement, d’itinérance à la suite de JÉSUS CHRIST.

  Prière à la chapelle de la communauté

Le lendemain, Dimanche, toutes les sœurs étaient réunies à la petite Chapelle de la Communauté pour prier les Laudes préparées par les jeunes sœurs et les jeunes en formation. Ensuite, nous sommes parties pour la Célébration Eucharistique de 8h30. Le Curé nous a présentées à l’Assemblée. Il s’est adressé à Sr. Giovanna pour remercier toute la Congrégation. Des intentions de Prières pour nos sœurs devancières ont été lues au commencement de la Messe et à la Prière Universelle. Pendant cette Célébration nous avons écouté deux témoignages de la vie des sœurs.

Le Premier témoignage est de Sr. Janine :

« La mission des Sœurs à Dikodougou a commencé le 29 septembre 1969, mais les Pères S.M.A avaient déjà débuté la mission en 1957. Le Dimanche 19 octobre a eu lieu l’installation officielle des Sœurs. C’était le Dimanche des missions. Monseigneur Durrheimer, Évêque de Katiola , a rappelé dans son homélie, le devoir de tout chrétien : « Proclamer la Bonne Nouvelle à tous les peuples, travailler à la formation d’une nouvelle société, mais surtout être témoins de l’Amour de Dieu pour les plus humbles, les plus petits »… Sur ces points, il était dans la même ligne que notre Pape François… Puis, l’Évêque s’adressait à la population de Dikodougou en disant : « Les Sœurs désirent votre sympathie, considérez-les non comme des étrangères mais faisant partie de votre famille ».

Les sœurs ont mis leur compétence, leur savoir-faire, leur cœur, leur vie, leur foi à soigner et à guérir. Elles se donnaient pour relever l’homme par terre, éduquer, instruire, alphabétiser, faire la catéchèse, apprendre la couture, favoriser aussi l’agriculture. En somme, travailler à l’émergence d’une nouvelle société! »

Aujourd’hui (1 mars 2015), nous sommes 18 sœurs devant vous. Certaines d’entre nous sont déjà d’un certain âge, d’autres sont jeunes, d’autres sont très jeunes. Toutes, nous voulons suivre Celui qui rend heureuses, heureux. Certains d’entre vous, entendrons aussi cet appel à SUIVRE LE CHRIST toute la vie. Nous sommes là pour vous écouter, pour vous encourager.

Merci de votre attention »

Le deuxième témoignage est de Mr Simon, un ami des sœurs.

Pour lui, la qualité de la vie des sœurs se vérifie par la qualité des fruits laissés par leurs œuvres. Il disait qu’il était heureux de pouvoir parler devant ce public, d’être là debout et d’être écouté. Les sœurs ont permis par leur don de vie donnée au Christ de mettre des hommes et des femmes debout, responsables participant à la vie de la société.

Eucharistie et action de grâce !

 Avant de donner sa bénédiction finale, le curé exprime à nouveau sa doléance de voir des sœurs s’installer à Dikodougou.

La Célébration Eucharistique s’est clôturée avec un chant d’action de grâce sénoufo et une danse spontanée des paroissiens et des sœurs.

« J’ai un mot à vous dire dit le Pape François : la JOIE ».

 À la sortie de la Messe, nous échangions avec les fidèles devant le parvis de L’Église. C’était un temps très chaleureux (dans les deux sens du terme !). Les jeunes venaient vers nous pour prendre des photos avec leurs téléphones portables. En guise de réponse, Sr. Natacha leur a proposé de venir à la Communauté s’ils avaient des questions sur la vie religieuse. Les plus jeunes d’entre eux ont répondu à l’appel. Sr. Natacha et Alessandra étaient avec eux. Pendant ce temps, les sœurs avec quelques laïcs, ont fait le point de ce qui a été vécu.

 

Voici quelques idées fortes retenues :

  • Les remerciements à l’équipe organisatrice ;
  • Les nouvelles de nos sœurs de partout dans le monde lues par Sr. Giovanna : la Communion de Sr. Marthe, la Supérieure Générale et son Conseil ; les mots des sœurs de Chiavenna, la province de France, les sœurs qui étaient en mission à Dikodougou et qui sont en France ou en Italie, les sœurs du Canada ;
  • La joie de répondre à l’appel du Christ pour être présentes au milieu des pauvres et des petits ;
  • La joie des sœurs d’avoir été à Dikodougou sur les pas des sœurs devancières.
  • La reconnaissance de la qualité du contenu spirituel et humain de ce pèlerinage ;
  • L’encouragement pour parfaire l’organisation mais toujours dans un esprit de disponibilité et de pauvreté ;
  • Le discernement de la Congrégation par rapport à l’attente de la population de renouveler une présence permanente de sœurs Filles de la Croix à Dikodougou;
  • Proposition de trouver des activités intermédiaires permettant de maintenir le contact avec la population (journée à Dikodougou avec les Postulantes pour des animations pastorales ?)
  • La joie de se rapprocher de la culture Sénoufo;
  • L’importance de la présence des laïcs comme intermédiaires entre les sœurs et les personnes qui ont besoin d’aide ;
  • L’importance de la PRIERE pour toutes les attentes car Seul Dieu appelle et Il appelle qui Il veut et quand Il veut.

 Repas de Fête

Pour clore le pèlerinage, un repas convivial a réuni les sœurs et les laïcs vivant de notre Charisme. Le Curé avec son Vicaire étaient des nôtres. À la fin du repas, a eu lieu la photo de famille. Et enfin, les « Au revoir » !

 Conclusion

Quelques expressions fortes résument tout ce qui a été vécu durant ce pèlerinage :

« Je suis heureuse de pouvoir donner corps à ma lecture du livre écrit par Geneviève LAGUT, livre intitulé : Les Filles de la Croix en Afrique », Ludivine.

« Reconnaître que nous avons des racines », Sr. Hélène.

« De la blessure naît la vie » : notre Sœur Marie Pierre gravement blessée lors d’un accident    sur la route de Dikodougou a perdu quatre doigts et pourtant après des soins en France, elle est retourné à Dikodougou pour reprend sa belle mission d’infirmière. Rappel de Sr. Sylvie

D’autres expressions très belles sont contenues dans le « Cahier d’Or » du pèlerinage.

 

Quelques questions ont surgi de ce pèlerinage :

« Qu’est-ce que nos Sœurs ont laissé à Dikodougou ? » Sr. Susana.

            Réponse de Nicolas avec conviction : « L’ÉGLISE ! ». Avant, disait-il, il n’y avait pas beaucoup de monde à l’Église et maintenant Elle en déborde. Lors de la Célébration Eucharistique, le Curé nous a d’ailleurs présenté un petit garçon qui venait d’être baptisé le samedi d’avant. Et son nom était : Emmanuel, Dieu avec nous.

« Comment qualifier la mission de Sr. Giulia : « itinérante » ou « clignotante » ? 

Réponse de Mr. Simon : « Peu importe, on l’aime ! » (la sœur et la mission).

 Dans quels contextes nos devancières ont été appelées ? Pour répondre aux manques de personnes pour enseigner et soigner la population. Ce qui correspondait à notre charisme de Filles de la Croix.

  • Quelques engagements concrets pour faire un pas de plus à partir de cette expérience : Chaque Communauté peut s’engager à donner des éléments pour composer une Prière pour l’année missionnaire, pour la vie consacrée, pour les 50 ans de présence en Côte d’Ivoire ;
  • Voir la possibilité de rencontres avec des jeunes à Dikodougou avec Sr. Clémentine et les postulantes.
  • Animation à partir des outils modernes audio-visuels qui sensibilisent davantage : projection avec vidéoprojecteur.
  • Autres sorties dans le cadre de la connaissance de nos racines.
  • Invitation adressée à Mr. Casimir par les « Amis des Filles de la Croix » (groupe laïc de Dikodougou) pour partager son vécu à La Puye.

 

Pour la Gloire de Dieu qui est Père, Fils et Esprit Saint, 
nos Sœurs devancières, à travers leur être et leurs actes,
ont témoigné de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu.

 

SAINT ANDRÉ HUBERT
SAINTE JEANNE ÉLISABETH
PRIEZ POUR NOUS

 

[1] Une autre proposition était offerte à la Congrégation : Napiélédougou, V., Les Filles de la Croix en Terre Africaine, Geneviève Lagut, p. 127. (retour)

[2] Le groupe « TAMANG » est un des groupes laïcs d’Afrique vivant du charisme des Filles de la Croix. Il est situé à Korhogo. (retour)

En fraternité d'Église à Église
Feb 3, 2014

Dans l’exercice de notre mission en Afrique, nous vivons le charisme reçu de saint André Hubert et de sainte Jeanne Elisabeth.

Filles de la Croix, nous sommes réunies pour glorifier Dieu et le faire glorifier par les petits et les pauvres.

Nous sommes envoyées pour enseigner et guérir,
annoncer la bonne Nouvelle !

En Côte d’ivoire, dans la ville de Korhogo, et le village de Boniéré…

La ville de Korhogo, au Nord de la Côte d’Ivoire...

Des témoignages…

Un jour, un jeune se présente au Centre des handicapés moteurs de « Don Orione » à Korhogo et rencontre la sœur directrice. Ce jeune portait des appareils orthopédiques aux deux jambes et se déplaçait à l’aide de cannes anglaises. Il portait des lunettes noires.

Après la salutation, la sœur lui a demandé quelle était la nouvelle et le motif de sa visite. Le jeune lui a demandé si elle ne la reconnaissait pas ? La sœur ne se souvenait plus. Alors le jeune a enlevé ses lunettes et avec un beau sourire, il lui a dit : « Je suis Mamadou, je suis venu ici il y a quelques années à 4 pattes, vous m’avez conseillé et encouragé. Après de longs soins, maintenant je suis debout ! »

La sœur lui a demandé : « Comment te sens-tu aujourd’hui ? »
Mamadou a répondu : « Avant, quand je me déplaçais à 4 pattes, je voyais d’en bas et le visage des personnes me paraissait très loin. Quand je parlais, ma parole se perdait dans la distance. Aujourd’hui, je suis une autre personne. Je vois les personnes à la même hauteur et je peux les regarder dans les yeux. Je peux communiquer à égalité. Je suis heureux. »
« Que fais-tu Mamadou ? »

« Je reprends mes études dans une grande école d’Abidjan. »Nous sommes heureuses du bonheur de Mamadou (Sœur Giovanna Contato, Italienne).Nous mettons des gens debout à travers la rééducation, les soins, au « Centre Don Orione ». Un Monsieur X… a été victime d’un AVC. Il fallait 4 personnes pour l’aider à se déplacer. Il était très dépendant. Il a reçu une rééducation au centre. Là, il retrouve non seulement ses jambes, mais la joie de vivre et son autonomie. Il déclare : « Je suis très content du centre. Vous faites un bon travail ! »Une sœur coordinatrice interne du Centre, témoigne…« La graine semée sur la bonne terre d’Afrique porte du fruit ! L’histoire se transmet de générations en génération, à partir des relations, des contacts, de bouche à l’oreille… »


De ce bouche à l’oreille, le charisme des Filles de la Croix est ‘accueilli et semé en terre congolaise en la personne de sœur Valentine, enseignante à l’école primaire puis comptable de profession.

« Mes premiers vœux, je les fais en 2001 et mes vœux perpétuels en 2009. L’histoire des Fondateurs et le charisme des Filles de la Croix ont été pour moi réponse à l’appel de Dieu, à mon désir profond senti depuis l’âge de 15 ans, d’être au service du Seigneur à travers les petits et les pauvres. Aujourd’hui en mission en Côte d’Ivoire, je partage ma vie, ma foi à « Don Orione », Centre pour l’accueil des malades, des personnes vivant avec un handicap physique et moteur, qui ont besoin de la rééducation fonctionnelle. Le Centre accueille aussi les enfants sourds-muets, les malentendants, les autistes pour le renforcement scolaire, amélioration de la communication par l’apprentissage du langage des signes, pour une réinsertion familiale, sociale et professionnelle. Ma mission est de coordonner et de gérer les activités internes du Centre. Cette mission noble auprès de ces personnes m’aide à redécouvrir ces 5 lieux de fondation de notre vie consacrée dans cette famille religieuse, et à vivre en profondeur le charisme de la Congrégation : « Enseigner et Guérir ; glorifier Dieu à travers les pauvres ». C’est dans ces lieux du commencement, en revivant cette histoire du passé, en faisant ce mémorial que je puise mes forces pour servir Dieu, pour ma mission auprès des pauvres. Je ressens la joie quand un malade retrouve ses forces après les séances de rééducation et quitte le Centre avec le sourire ! Geste de la Grotte de Molante ! Comme Sainte Jeanne Elisabeth, des Marsyllis à La Puye, à la recherche de Dieu… Comme Valentine aujourd’hui, de Kinshasa à Korhogo, pour l’amour de Dieu et des pauvres » (Sœur Valentine Kanianga, Congolaise RDC)


Au Centre St Camille de Korhogo :
Les malades mentaux, après un long séjour en soin, retrouvent leur dignité et, à travers une expérience de travail accompagné dans une ferme de réhabilitation, sont acceptés par leur famille et la société. En exemple, nous pouvons citer le cas de Monsieur S…, enseignant de profession. A un certain moment, il a eu une dépression et a été traité à Saint Camille. Quand il retrouvé ses facultés, il a pu être réintégré dans le corps enseignant à part entière et ensuite, il s’est même marié et son mariage a été célébré par l’évêque.


Une sœur infirmière dans ce Centre Saint Camille :

« J’ai reçu la mission de mes responsables dans cet accueil des malades mentaux et sans famille. Cela exprime la pauvreté du pauvre à qui je souhaite donner la dignité en le prenant en charge par la participation de beaucoup d’acteurs, chacun selon ses sensibilités et ses moyens. Les pauvres, dont nous avons la charge par la mission de la congrégation des Filles de la Croix à Korhogo, sont dépourvus de tout. Ils sont sans abri, sans papiers, sans alimentation, atteint de maladies chroniques cardiaques, avec le sida, problèmes juridiques à cause de l’état mental, bref, leur dignité est bafouée. Je me sens très bien dans l’œuvre de saint André Hubert et sainte Jeanne Élisabeth aujourd’hui. Nous vous saluons, Église de Poitiers, en souhaitant garder cette relation d’Église Famille de Dieu. » (Sœur Hélène Kahambu, Congolaise RDC)


Auprès des lépreux une sœur infirmière témoigne

« Au sein des ‘grandes endémies’ il y a une petite léproserie délabrée où logent deux lépreux : Larganton et Joseph.
Larganton est là depuis plus de 26 ans. Petit à petit il est devenu aveugle, ses globes sont vides. Il n’a plus de doigts, ni d’orteils. Joseph est plus valide puisqu’il voit un peu, il a quelques moignons de doigts et d’orteils. Il y a un réseau d’aide autour d’eux. Deux employées du collège Sainte Élisabeth les lavent et font le ménage de leur chambre. Les sœurs font leur lessive. Le Centre Saint Camille leur apporte à manger chaque jour et les sœurs soignent leur plaies. A la suite de sainte Jeanne Elisabeth, nous sommes les sœurs de ces deux ‘abîmés par la maladie’. Au contraire de la femme malade de la Grotte de Molante, Larganton, le plus handicapé et défiguré, frémit et parfois explose de joie quand on va le voir, le soigner, le nourrir. Il fait des ‘bénédictions’ pour tous ceux qui l’aident. » (Sœur Janine Sein, Française)


A Boniéré région de Katiola, au Nord de la Côte d’Ivoire

Des témoignages…
Un malade mental abandonné par la famille, n’a plus de mains parce qu’il est resté attaché. Les sœurs de Boniéré l’ont soigné pendant un mois. Maintenant que ses plaies sont guéries, il vient régulièrement chez les sœurs pour se faire laver et chercher de la nourriture.

Dans un village près de Boniéré, un jeune parti au sud pour chercher du travail tombe d’un arbre. Il est amputé. Par manque de moyens, il s’échappe de l’hôpital. Il revient au village avec une jambe infestée d’asticots. A l’hôpital, on le garde, mais sans lui procurer de soins. Son cas dépasse les compétences. Les sœurs le transportent dans un autre CHU de Bouaké où il est réopéré. Elles prennent en charge ses soins et aujourd’hui, après un long séjour à l’hôpital, il a retrouvé la joie de vivre.


Sœur Marie témoigne…

« Un proverbe africain dit : « quand vous voyez une vieille femme qui réussit à mettre une autre vieille sur son dos, ne dites pas merci uniquement à la première, mais aussi à celle qui a réussi à monter sur le dos de l’autre », c’est-à-dire ce sont par les efforts conjugués que l’on parvient à faire de grandes choses. Merci à nos saints Fondateurs, car c’est grâce à eux que nous arrivons à puiser la force et le courage dans la foi, la confiance pour aller à la rencontre des petits et des pauvres dans les trous profonds de nos grottes d’aujourd’hui. Nos « Molante », de nos jours, dans les lieux où nous sommes, nos « Marsillys », sont ici, dans ce diocèse de Katiola. Nous cheminons ensemble dans la connaissance et le soutien réciproque, leur apprenant à connaître Dieu, à lire et écouter la Parole de Dieu. Une vieille a dit : « je suis baptisée, confirmée depuis 40 ans, j’ai perdu Dieu en route, je ne pratique plus. Quand je vous vois annoncer la Parole de Dieu, je reviens à l’Église ». En effet, elle est à la messe tous les matins ! Je fais la catéchèse aux enfants. Ils sont 47. Ils ont soif de connaître Dieu. Quand je lis la Parole de Dieu et que je l’explique, ils ont tous les yeux fixés sur moi ! J’ai les plus grands du collège aussi en catéchèse. « Jésus est la lumière du monde. Nous avons reçu l’appel à Le suivre. » Règle de vie de la Croix. J’accompagne les malades dans les villages et à l’hôpital. Je visite les personnes âgées et les handicapés paralysés chez eux. Dans un village il y a une femme de 25 ans, paralysée à la suite d’un accouchement. La tradition dit que le génie a paralysé ses deux jambes, alors la famille la délaisse avec son bébé. La chambre où elle dort est une ruine. Avec l’aide de la communauté, je lui porte le repas chaque jour ainsi que des vêtements pour elle et les enfants. Les enfants handicapés ne sont pas considérés. On les appelle « enfants serpents » ou des génies de la forêt. Ces enfants souffrent d’infirmité motrice cérébrale. Pour soulager ces enfants, je fais la rééducation et la psychomotricité à ces enfants. Ils font des progrès qui encouragent les parents. Ces enfants voués à la mort à cause de leur handicap, sont à présent, respectés. Grâce aux séances de psychomotricité, les enfants s’éveillent et même, sourient ! Ce qui fait un grand bien aux mamans ! Proverbe africain : « On ne dépasse jamais un étranger sans le saluer, il pourrait être ton hôte. » Ce qui veut dire, il ne nous rendra pas visite avec un aspect brillant, il prend toujours le visage d’un mendiant, d’un prisonnier, ou d’un malade. » (Sœur Marie Kaboré, Burkinabée)


Sœur Filomena témoigne…
« Quand j’ai découvert Jeanne Elisabeth et André Hubert, qu’ai-je découvert ? Qu’est-ce qu’ils représentent pour moi ? Ils sont nos ancêtres dans la foi. Ce sont des personnes qui se sont laissé façonner, transformées par l’Esprit. Ils ont accueilli la Parole comme une annonciation. A la lumière de cet Esprit, ils ont su écouter les cris de détresse de l’Église et de la société de leur temps. A la suite du Christ pauvre, ils sont devenus pauvres au service des plus fragiles dans la communauté ecclésiale. Aujourd’hui habitée par le charisme de nos Fondateurs, je continue à Boniéré, les gestes « enseigner et guérir » comme héritage reçu, à travers l’alphabétisation, la catéchèse et l’animation des Mouvements d’Action Catholique. Je continue le « Guérir » à travers le service des handicapés physiques et sensoriels, des malades mentaux et d’autres nécessiteux. » (Sœur Filomena Gomes, originaire du Cap Vert)


Au Burkina Faso, le village de Bogandé, et la ville de Ouagadougou…

À Bogandé, situé au Nord Est du Burkina Faso dans une région proche du Sahel. Le climat y est rude, 9 mois de saison sèche et 3 mois de saison de pluie. La communauté des Filles de la Croix s’y trouve depuis mai 1996.

Témoignage des débuts de la communauté :

« Nous avions reçu la mission de former les chrétiens dans les Communautés chrétiennes de base (CCB) par la catéchèse, l’annonce de l’Évangile, l’animation des célébrations de la Parole, la formation des papas et mamans catéchistes, l’animation des mouvements d’Eglise : JEC, JAC, CV, AV, Association des femmes catholiques, la préparation des couples au sacrement de mariage. Tout cela pendant plus de 10 ans ! En 2007, Bogandé a été érigé en paroisse. Nous avons entretenu la flamme de l’Évangile et préparé l’arrivée d’une équipe de prêtres. Nous sommes attentives aux cris de détresse des plus démunis et nous allons à leur rencontre. Nous tendons la main à des enfants et des jeunes défavorisés à travers l’alphabétisation, la scolarité ou une formation humaine et spirituelle. »

Sœurs Cécile, Renée, Bernadette (Françaises) et Adèle, Julienne, Joséphine, Rose (Burkinabées et Ivoiriennes)

A Bogandé, un détenu libéré de prison a exprimé sa joie à un membre du groupe « André Élisabeth » (groupe associé aux Filles de la Croix) « Vous venez proclamer la Parole de Dieu tous les 15 jours à la maison d’arrêt. Cette prière en langue, c’est bon ; cela nous donne beaucoup de joie ! Vous m’aviez apporté une Bible mais, en sortant de prison, on me l’a prise. » La Parole de Dieu est source de vie.

Nous sommes arrivées à Ouagadougou le 13 mai, jour de la fête de St André Hubert Fournet !


A Ouagadougou, Sr Hélène témoigne…

« Fille de la croix depuis le 14 Octobre 1995, je suis de nationalité Burkinabé et résidente au Burkina Faso, précisément à la capitale de Ouagadougou. C’est en 2005 que la communauté a été installée à Ouagadougou, et a été érigée communauté du Noviciat. On ne s’attribut pas une mission, mais on la reçoit. C’est pour dire que j’ai reçu cette mission de Maîtresse des novices et responsable de la communauté. Et en 2012, il m’a été demandé de seconder la Coordinatrice d’Afrique comme Assistante. Je n’ai pas une profession particulière. J’ai reçu une formation pour la pastorale surtout, et aussi la formation de responsable du noviciat. Souvent je me sens vraiment très petite face à ces responsabilités. Mais, j’ai su toujours compter sur la grâce de Dieu et la confiance de nos Supérieures. Et j’essaie toujours de donner le meilleur de moi-même, dans la simplicité. Car ce qui m’a attiré dans cette famille religieuse c’est la "simplicité" et la parole de Jeanne-Elisabeth "Je prends au sérieux l’engagement de mon baptême". Que représentent pour moi nos Fondateurs en tant qu’Africaine ? Je dirai tout simplement, en terme africain, que sainte Jeanne-Élisabeth et saint André-Hubert, ce sont nos ancêtres. C’est d’eux que nous avons hérité ce trésor qu’est le charisme. Voilà l’héritage que nos ancêtres nous ont légué. Un proverbe dit : "le sage est adossé à son mur, ceux qui s’approchent de lui en tirent profit, mais ceux qui le contournent perdent". C’est pour dire que c’est en eux que nous puisons la sève, car leur vie nous parle encore aujourd’hui. La simplicité de leur vie m’a façonnée. L’amour, l’attention aux pauvres, leur proximité aux gens simples m’interpellent et m’invitent à descendre en bas de l’escalier pour rejoindre ces pauvres qui nous entourent. C’est dans le pauvre, le petit qu’ils ont rencontré notre Seigneur Jésus-Christ. Leur vie nous parle encore aujourd’hui de Dieu qui s’incarne dans la vie des hommes de ce temps. Ils nous invitent à ouvrir nos yeux pour voir les réalités de notre monde, de notre milieu et y répondre comme eux-mêmes ont su bien le faire en leur temps. Nos fondateurs nous enseignent le chemin de l’humilité, le chemin de pauvreté. Car le Christ s’identifie. "Jésus mon premier pauvre" dira Jeanne-Élisabeth. André-Hubert, converti par la parole du pauvre, devient le prêtre des pauvres. En regardant leur vie ils me font goûter la joie d’une vie entièrement donnée au Seigneur et pour le service de l’Église, particulièrement les pauvres qui nous révèlent le visage du Christ et la joie de lui appartenir. Depuis 1995, je n’ai jamais regretté d’être Fille de la Croix. Je suis très heureuse d’être Fille de la Croix et fière de porter ce beau nom "Filles de la Croix". Nous travaillons pour que ce charisme s’incarne vraiment dans la culture africaine. Que nous puissions dire au monde par notre vie que le Christ est présent au milieu de nous et qu’il nous aime. Merci au Seigneur pour ce qu’a été la vie de sainte Jeanne-Elisabeth et de saint André-Hubert » (Sœur Lédy Hélène Ouedraogo, Burkinabée).

En Côte D'Ivoire...
Feb 11, 2013

Récit d’un jour de guerre …

Une veillée à la paroisse du Sacré Cœur de Boniéré, Diocèse de Katiola, Côte d’Ivoire…

Boniéré est une petite ville située au nord de la Côte d’Ivoire.

Sa population, majoritairement paysanne et animiste est à sa première évangélisation.

La petite communauté chrétienne entourée de musulmans et d’autres confessions cohabite bien dans le respect des uns et des autres jusqu’aux jours tristes de la guerre qui a semé dans les cœurs la méfiance et la division.

L’Église Catholique à travers ses serviteurs, au nom du Seigneur, cherche d’être cette petite lumière d’espoir, de la présence de « Dieu avec son peuple » par la simple présence et le service quotidien auprès des pauvres et des sans voix.

 Ce jour du 22 Février 2003, soixante (60) personnes armées jusqu’aux dents entrent dans la cour de la paroisse pour s’emparer du véhicule qui servait pour le transport des malades et les urgences. Le curé et son vicaire sont réveillés par des coups de feu bien nourris. Les religieuses alertées se dirigent en hâte vers l’Église, lorsque nous nous rencontrons avec les pères escortés par la bande armée. En quelques mots le curé nous explique la situation. Quelques voisins nous ont rejoints.  Les rebelles impatients et violents refusent toutes les propositions. Nous n’avons pas d’autres choix : c’est la vie ou la mort.

Il est minuit, les mains levées vers le ciel, nous marchons dans le silence de la nuit vers l’Église. Les deux séminaristes en stage se détachent de la procession, l’un pour ouvrir les portes de l’Église et l’autre pour sonner les cloches. Réveillés de leur sommeil, ils arrivent de partout hommes, femmes, jeunes, enfants, chrétiens de tout bord, musulmans, animistes… et aussi des villages voisins. Ils sont là, enfants d’un même père dans la maison de notre « Père » Dieu. La chorale se met en place et par des cantiques bien soutenus invite chacun à danser et proclamer la joie pascale.

L’Église trop petite pour l’occasion ne peut plus contenir le monde. La cour regorge de monde aussi. Les hommes armés sont à peine visibles. Toute l’assemblée chante et danse pour son Dieu : « Il est là, vraiment là, il est vraiment là l’Esprit Saint de Dieu, la crainte a disparu du cœur des témoins de Jésus. Venez, venez les écouter.» Après ce chant, le curé donne la nouvelle à tous en ces termes : « Soyez les bienvenus en l’Église du Sacré Cœur de Boniéré à cette heure inhabituelle. A minuit, nous avons eu la visite de nos amis armés qui sont autour de l’Église. Ils veulent prendre le véhicule de service pour les urgences qui nous reste dans le secteur. Nous leur avons demandé d’attendre la lumière du jour afin qu’on trouve une solution mais ils ne veulent rien entendre et nous menacent. Alors nous sommes venus dans la Maison du Seigneur pour nous confier à notre Père, lui qui nous donne la vie. Chantons et dansons car il est vraiment là dans cette nuit avec nous Chrétiens de Boniéré.

La veillée a continué jusqu’à six heures du matin, l’heure habituelle de la messe. Au moment de la prière du Notre Père, le curé a invité chacun à tenir la main de son prochain et à prier les paroles du notre Père en pensant à tous ceux qui nous ont fait du mal et à ceux à qui nous avons fait du tort et ensuite à poser un geste ou à dire une parole de réconciliation. Ce fut un moment très émouvant où joies et pleurs s’entremêlent. Nous étions tous frères, les bons et les méchants, réunis dans la même maison et autour de la même table, aimés du même amour.

Le chef de la bande armée a demandé pardon à tous et a signé un laisser passer pour l’Église.

Après un temps d’action de grâce, chacun est rentré chez lui dans la joie.

Cette veillée improvisée est arrivée dans un contexte inhabituel de guerre et de pillage mais elle était habitée par la vie chrétienne d’une population en quête de Dieu, du vrai Dieu qui sauve, le Dieu de la paix.

Cette nuit a été profondément marquée par le mystère pascal où nous avons célébré la mort et la vie avec tous nos frères réunis dans la même maison, autour d’une même table, un même sacrifice offert pour tous. Le Christ sur la Croix s’est livré pour les bons et les méchants, les musulmans et les non chrétiens. C’était la découverte pour tous, à travers le geste du pardon, du visage de Dieu qui est au-dessus de tous les bois sacrés et les mosquées.

Après cette veillée, beaucoup de gens se sont convertis au christianisme. Ceux qui avaient abandonné la pratique de la religion sont revenus à l’Église. Beaucoup de relations se sont tissées avec les autres confessions. Puis beaucoup d’actions ont été menées ensemble et cela a occasionné  la construction du clocher de l’Église à laquelle tout le monde a participé.

C’est vrai, il y a eu des moments durs, de peur. Mais n’est-ce pas là le témoignage de notre foi ? La marche du peuple d’Israël conduit par Moïse ? L’espérance des chrétiens de Boniéré, à l’image de l’Église en marche la nuit de pâques, a transformé le cœur des uns et des autres en amour, les ennemis en frères, marchant ensemble vers la réconciliation.

Cette situation surprenante et inattendue, nous a tous réveillés et conduits vers notre « bois sacré » : l’Église ouverte à tous et le son du « tam-tam parleur », les cloches qui ont donné la nouvelle. Ensuite le geste de demande de pardon et de paix et l’Eucharistie célébrée qui est le sacrifice par excellence offert pour tous.

C’est témoigner à tous que Dieu est amour et qu’il nous appelle là où nous sommes avec ce que nous sommes et ce que nous avons. Dieu construit une fraternité au-delà des religions, des ethnies…

Le Sénoufo, (Ethnie ivoirienne), est très attaché à sa tradition. Devant toute circonstance heureuse ou malheureuse, il va chercher la protection dans les bois sacrés, le tam-tam parleur, auprès des divinités qu’il s’est lui-même fabriquées en offrant le poulet qui va apporter la paix et le bonheur au clan. Mais, cette nuit l’église paroissiale s’était transformée en « bois sacré » devenant ainsi le lieu sacrificiel par excellence.

Sœur Sylvie Coulibaly Pélarwohi

Fille de la Croix

 

Sourire avec Soeur Marie
Feb 8, 2012

Suivre sœur Marie, fille de la Croix, sur les sentiers qui traversent le village de Boniéré est un plaisir !
Elle est dans la communauté des quatre sœurs depuis seulement quatre mois, et voilà que les femmes l’appellent avec un magnifique sourire à son passage et la saluent chaleureusement.

Comment la connaissent-elles déjà ?

Sœur Danièle, « la vieille » de 78 ans était au cœur des détresses pendant toute la guerre qui a divisé les familles. Elle était là pour apporter un sac de riz ou regrouper des jeunes filles pour apprendre les premiers éléments de la couture. Elle continue d’être là, simplement…

Sœur Véronique, dans la paroisse, par l’écoute et la prière, accompagne les jeunes et les adultes sur le chemin de la foi, sur le sens à donner à leur combat pour vivre !

Sœur Filomena visite les personnes ayant un handicap dans les villages  et leur ouvre un chemin d’espérance par une prise en charge de ces situations à Abidjan.

Alors, Sœur Marie, nouvelle dans le village, est connue parce que ses sœurs ont préparé sa venue et les pauvres accueillent l’étranger comme une bonne nouvelle !
Oui, mais sœur Marie, jeune sœur africaine, a du feu dans ses doigts et dans ses mains ! Et déjà la fumée portée par le vent a touché tous les gens du village. Ils attendent la douceur de ses massages et le soulagement des nouveaux-nés malformés ou des adultes courbés du mal des travaux des champs…
Cette personne âgée, ce tétraplégique de 23 ans resté bloqué « à sa place » avec un sourire souffrant, sœur Marie les a connus dès son arrivée. Reflet du sourire de Dieu sur le visage du Crucifié !

Une communauté à Boniéré ?

Dans la profondeur de la brousse… signe de la tendresse de Dieu pour ce peuple qui cherche à vivre dans la rudesse de son travail, dans la sécheresse de ses terres… Signe de l’Espérance pour aujourd’hui !